Edito du Président octobre 2018

Chers consœurs et confrères
Nous venons de vivre une année particulière :  jamais l’activité n’a été aussi intense et pourtant les résultats sont décevants. J’associe à cette multitude d’actions bien entendu les membres du bureau et ceux de notre conseil régional, les permanents mais aussi tous nos consœurs et confrères qui se sont spontanément mobilisés pour être porte-parole et acteurs d’une mission de représentation des intérêts de toute une profession.
Nous pensions que notre conviction emporterait l’adhésion assez naturellement tant l’intérêt général qui guide notre action semblait absent des débats et que tout notre environnement allait finalement s’en rendre compte
Tous les représentants de notre profession tellement malmenée depuis de nombreux mois ont œuvrés sans relâche , et je rends hommage à notre président national qui jour après jour doit négocier avec des interlocuteurs puissants dont on ne comprend pas toujours l’objectif sociétal.
La loi PACTE nous hante depuis la parution du rapport à charge de l’IGF en février dernier. La profession a été traumatisée par ce projet de réforme qui lui est infligée comme une sanction et est ressentie comme une terrible injustice, alors qu’elle n’a pas failli, et s’est adaptée à l’attente des pouvoirs publics.
Près de 50 commissaires aux comptes de notre région (3 000 au niveau national) pourraient y laisser tout ou presque, pour la seule faute de ne détenir que des mandats d’audit et pour la seule faute d’avoir investi dans un métier que la logique même ou le bon sens économique devraient conduire à préserver ou à promouvoir, alors même qu’on parle de le supprimer.
nous avions repris espoir avec la mise en place du Comité présidé par Patrick de Cambourg, dont la feuille de route était certes restrictive au niveau des demandes antérieures de la profession, mais prenait enfin en considération les utilités de nos missions. Le rapport qui a été produit nous convenait et notamment parce qu’il s’articule autour de deux idées fortes : un rebond autour d’un formidable effort d’adaptation de notre métier et de ses missions, et une confiance retrouvée dans l’économie toute entière, grâce à notre présence dans les entreprises. Ce rapport de Cambourg est un point d’équilibre entre réforme et rebond, entre obligation et utilité démontrée.
Sur les 38 propositions au service des professions du chiffre, 80 % sont des propositions à porter car elles ont pour objectif de redonner du sens et une place aux commissaires aux comptes,
Alors tous vos élus n’ont eu de cesse que de continuer à rencontrer les Ministres, leurs cabinets, les parlementaires, les décideurs administratifs et économiques, bref tous ceux qui auraient pu faire bouger le principe de la remontée des seuils sans perspective pour les professionnels et les mesures accompagnant ce bouleversement.
Nous nous devons d’afficher une attitude mesurée tout en restant combatif. Cette position est assez complexe tant les enjeux sont importants, et tant notre rôle doit être plus ambitieux aujourd’hui qu’hier, pour accompagner et assurer un nouvel avenir aux professionnels :
Réfléchir aux conditions d’un rebond de la profession attendu par les entreprises et simplifier notre présence et nos travaux pour les rendre plus opportuns, attendus et utiles tels sont nos enjeux dans les semaines et les mois à venir.

Hervé Roche

Président de la CRCC de Grenoble